Konbit soup Joumou
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Après trente-huit jours de tensions survenues à la suite des bombardements israélo-américains du 28 février dernier, le locataire de la Maison-Blanche, Donald Trump, a annoncé la conclusion d’un cessez-le-feu de deux semaines concernant Téhéran.
Cette déclaration fait suite à un ultimatum adressé à l’Iran et resté sans réponse. Washington avait accordé à Téhéran un délai de quarante-huit heures pour rouvrir le détroit d’Ormuz, faute de quoi, selon les propos du président américain, « l’enfer s’abattrait sur le territoire iranien », au point de menacer l’existence même de la civilisation iranienne. Une fois de plus, cet ultimatum du président américain a été rejeté par les autorités iraniennes.
Une victoire pour Téhéran ?
De leur côté, les autorités iraniennes revendiquent une victoire historique face à Washington et à Jérusalem, en évoquant la conclusion d’un accord en dix points. Parmi les éléments avancés figurent notamment :
• un engagement mutuel de non-agression ;
• le retrait des forces américaines de la région ;
• la reconnaissance du programme nucléaire iranien, incluant l’autorisation d’enrichir l’uranium ;
• le contrôle iranien sur le détroit d’Ormuz ;
• la fin des opérations militaires sur l’ensemble des fronts, y compris contre le Hezbollah au Liban ;
• le versement de compensations à l’Iran.
Qui est le véritable gagnant ?
Pour déterminer l’existence d’un véritable vainqueur dans ce conflit, il ne faut pas éterniser sur les dommages subis mais il convient de voir les objectifs stratégiques qui avaient été fixés. Pour ce, on doit retourner au début du conflit pour analyser et de vérifier s’ils ont été atteints.
Lors du lancement de l’offensive contre l’Iran, Donald Trump et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avaient clairement identifié trois objectifs majeurs :
1. démanteler le programme nucléaire iranien ;
2. renverser le régime en place ;
3. limiter le programme de missiles balistiques.
Or, ces objectifs semblent aujourd’hui loin d’avoir été atteints.
Concernant le programme nucléaire, l’emplacement exact des installations d’enrichissement d’uranium demeure incertain. Même l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) n’a pas été en mesure d’identifier précisément les nouveaux sites utilisés pour le transfert de matériel sensible. Dans ce contexte d’incertitude, les États-Unis et Israël ont procédé à de multiples bombardements, visant non seulement des installations stratégiques, mais également des infrastructures civiles telles que des écoles, des universités, des ponts ou encore des mosquées.
Quant à la stratégie visant à provoquer un renversement du régime en ciblant ses hauts responsables, elle semble structurellement vouée à l’échec. Dans les systèmes politiques fortement institutionnalisés, l’élimination d’un membre de la chaîne de commandement ne suffit généralement pas à provoquer l’effondrement du pouvoir. Lorsqu’un cadre est éliminé, il est rapidement remplacé. À titre d’exemple, la disparition du Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, pourrait conduire à son remplacement par son fils, Mojtaba Khamenei, assurant ainsi la continuité du système politique.
Ensuite, l’objectif visant à limiter le programme de missiles iraniens apparaît également difficile à atteindre. Le lancement de missiles iraniens en direction de l’île de Diego Garcia, située à environ 4 000 kilomètres du territoire iranien, semble plutôt témoigner d’une intensification et d’une amélioration de la portée du programme balistique iranien.
Cependant, après un mois et deux jours de conflit, le Département d’État américain a rendu publics de nouveaux objectifs stratégiques pour la guerre, désormais articulés autour de quatre axes principaux :
1. la destruction de l’armée de l’air iranienne ;
2. la destruction de la marine iranienne ;
3. la réduction significative des capacités de lancement de missiles ;
4. la destruction des infrastructures industrielles stratégiques.
La redéfinition de ces priorités peut être interprétée comme l’aveu implicite de l’échec des objectifs initiaux fixés au début du conflit. Néanmoins, ces nouveaux objectifs demeurent eux-mêmes incertains et difficiles à atteindre dans le contexte opérationnel actuel.
En effet, le président américain a régulièrement affirmé que les capacités militaires iraniennes avaient été détruites « à cent pour cent ». Pourtant, dans les faits, l’Iran n’a jamais cessé de lancer des drones et des missiles contre des cibles adverses. Ces opérations auraient même conduit à la destruction de plusieurs avions et hélicoptères militaires américains, ainsi qu’à des attaques visant des bases américaines situées dans la région.
Dans cette perspective, cette guerre peut être interprétée comme une double défaite stratégique pour Washington. D’une part, les États-Unis ne sont pas parvenus à atteindre les objectifs qu’ils avaient eux-mêmes fixés au début de l’intervention. D’autre part, en rejetant les ultimatums américains, l’Iran a réussi à contraindre Washington à accepter un cessez-le-feu, en utilisant notamment le contrôle du détroit d’Ormuz comme levier stratégique de pression.
Plus largement, ce conflit met en lumière les limites de la coercition militaire lorsqu’elle est exercée contre un acteur disposant à la fois d’une forte résilience institutionnelle, d’une profondeur stratégique importante et d’une capacité à mobiliser un récit de résistance susceptible de renforcer sa légitimité à la fois sur le plan interne et sur la scène régionale.
Christophane Jasmin DORVIL
Licencié en Diplomatie et Relations internationales
Source : https://www.i24news.tv/fr/actu/international/artc-nucleaire-iranien-l-aiea-dans-l-incertitude-sur-un-nouveau-site-d-enrichissement-a-ispahan#
https://www.leparisien.fr/international/iran/direct-guerre-au-moyen-orient-donald-trump-annonce-un-cessez-le-feu-de-deux-semaines-avec-liran-qui-accepte-de-rouvrir-le-detroit-dormouz-08-04-2026-NUUMEZ2XNBHQ7NS7BOOET5OG2I.php
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